Paysage marin: article n°2

Publié le par Boulon Florian

 

Paysage marin

 

  • Jules Laforgue, né à Montevideo le 16 août 1860 et mort à Paris le 20 août 1887, est un poète du mouvement décadent français. Sur la recommandation de son ami Gustave Kahn et par l’intermédiaire de Paul Bourget, il devient secrétaire du critique et collectionneur d’art Charles Ephrussi, qui possède une collection de tableaux impressionnistes. Jules Laforgue acquiert ainsi un goût sûr pour la peinture. Il avait collaboré à des revues telles que la Gazette des Beaux Arts, la Revue Indépendante, le Décadent, la Vogue, le Symboliste et la Vie Moderne. Jules Laforgue réalisait plusieurs sortes d’œuvres comme des poésies, une traduction, des contes en prose, des varias mais aussi des publications posthumes dont Premiers poèmes en 1903.

 

  • Méditation grisâtre est un sonnet dont les thèmes sont la solitude et la fuite du temps. L’auteur a voulu faire passer ses idées dès le titre. Ce titre est une allégorie car on représente concrètement une idée abstraite. Les idées noires du poète sont représentées par la description du paysage maritime.

Ce poème est associé à une peinture de Claude Monet (1840-1926) Tempêtes sur les côtes de Belle-Île de 1886. Ce tableau représente, comme l’a fait Jules Laforgue dans Méditation grisâtre, une mer déchaînée. Monet comme Laforgue laissent une large place aux mouvements. Leur idée est qu’il ‘agit d’un monde où l’Homme n’a pas de place.

Grâce à la description du paysage maritime et aux couleurs du paysage, on sait que le poète a les idées noires. Le paysage semble indistinct et grisâtre, les couleurs sont floues, ce sont des demi-teintes «  le grand ciel gris » « l’océan blême » et l’eau est toujours en mouvement. Tous ces éléments nous prouvent donc que ce poème est un poème impressionniste, tout comme la peinture à laquelle il est associé, Tempêtes sur les côtes de Belle-Île de Claude Monet.

 

 
Claude Monet,
Tempêtes sur les côtes de Belle-Ile (1886).

 

Méditation grisâtre 

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un ilôt,
Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain,
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais ... jamais de fin.

Jules Laforgue, Premiers poèmes (1880).

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