Paysage marin

Publié le par Boulon Florian

 

Paysage marin

Biographie de Jules Laforgue :

Jules Laforgue est né en 1860 à Montevideo en Uruguay. Il quitta l’Uruguay et s’installèrent à Tarbes d’où son père est originaire. En 1880, Laforgue fait la connaissance de Gustave Kahn, l’un des premiers adeptes du vers libre. C’est l’époque où Laforgue écrit ses poèmes philosophiques. En 1881, Laforgue fut bouleversé de la mort de son père et ensuite pris la charge de ces deux jeunes frères. Il fut ensuite engagé par L’Impératrice d’Allemagne comme lecteur. Vers 1883, il écrivit des poèmes qui seront par la suite repris dans ses Complaintes. En 1885, ses Complaintes sont enfin publiées chez Léon Vanier, l’éditeur de plusieurs recueils de Verlaine. Ils attirèrent l’attention et l’admiration de Mallarmé, de Huysmans ainsi que plusieurs autres jeunes poètes parisiens. En 1887, il décéda suite à son mariage qui eu lieu en 1886 avec Leah Lee, une jeune anglaise qui lui avait donné des leçons de langues à Paris.

Biographie de Claude Monet :

Claude Monet naquit en 1840 à Paris et passa son enfance au Havre. Il réalisa des caricatures et les vendit. Eugène Boudin le remarqua et l’incita à peindre des paysages et la nature. Il ne manqua pas de suivre son conseil et devint ensuite un célèbre peintre. A la fin du XIXème siècle, Monet inaugura un nouveau mouvement dans la peinture : l’impressionnisme. Cette approche, consacrée à saisir la lumière naturelle, reçut au départ de vives critiques. Quelques années plus tard, elles se transformèrent en louanges. Très perturbé, il souffre d’un début de cataracte. Il commence son immense travail en 1916 qui aboutit à la donation à la France d’une magnifique série de toiles le 12 avril 1922. Il fut opéré de l’œil droit en janvier et juillet 1923, il meurt dépressif et épuisé le 5 décembre 1926.

Description du poème ainsi que du tableau :

Dans le poème de Jules Laforgue intitulé Méditation Grisâtre extrait du recueil Premiers poèmes, les allitérations en [l] et en [r] font penser au vacarme de la tempête. Or sur le tableau de Monet, Tempêtes sur les côtes de Belle-Île, nous pouvons observer la mer déchaînée. Nous avons remarqué la présence d’une diérèse dans le terme «pluvieux» décomposé en trois syllabes ce qui suggère que la pluie est interminable comme nous pouvons le voir sur l’œuvre de Monet. Dans l’œuvre de J. Laforgue, le paysage maritime est découpé en deux zones : le ciel gris et la mer endiablée. Ce qui est semblable à la peinture de Monet. Nous avons constaté que ces deux œuvres se rapprochent de la nature. Dans sa représentation, le peintre n’utilise que des demi-teintes de même que l’ouvrage de Laforgue.  Dans ces deux œuvres on s’aperçoit que deux thèmes dominent : la mélancolie et la solitude. Les deux titres de ces œuvres nous font part des idées noires de leurs auteurs.

Le tableau comme le poème montrent une mer déchaînée. Monet procède par touches qui font une large place aux mouvements. Il s’agit d’un monde infini où l’Homme n’a pas sa place.

 

 

 

Claude Monet, Tempêtes sur les côtes de Belle-Ile (1886).

 

Méditation grisâtre

 

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un ilôt,
Seul, loin de tout, je songe au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain,
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais ... jamais de fin.

Jules Laforgue, Premiers poèmes (1880).

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